Feux de forêt sur le Bassin d'Arcachon : les entrepreneurs du Bassin d’Arcachon tirent la sonnette d'alarme
RÉUNION DE CRISE — SUD BASSIN D'ARCACHON Feux de forêt — Réunion de crise — Juillet 2026
Préambule
Avant d'entrer dans les chiffres, les témoignages et les demandes, il y a des mots qui s'imposent. Des mots simples, sincères, qui ne suffisent jamais vraiment face à l'ampleur de ce que des familles entières ont vécu.
Pour ceux qui ont tout perdu. Leur maison. Leur entreprise. Parfois les deux en même temps. Leurs animaux. Ces biens matériels et affectifs qui constituent une vie construite jour après jour, année après année, et qui en quelques heures n'existent plus. Un bout de vie qui s'échappe avec la fumée, et qu'aucune indemnité ne remplacera vraiment.
Pour nos sapeurs-pompiers. Quelques jours avant ces événements, deux jeunes sapeurs-pompiers perdaient la vie à Mérignac. Deux vies fauchées au service des autres. Il n'y a pas eu le temps de soigner ces blessures-là. Pas le temps de pleurer. Il a fallu repartir au feu. Aller à la guerre — et quelle guerre. Une guerre contre les éléments, contre le vent, contre la chaleur, contre l'imprévisible. Malgré tout, malgré 120 pompiers blessés sur le terrain, pas une seule vie perdue sur le Bassin. C'est un miracle qui porte un nom : leur courage, leur abnégation, leur professionnalisme.
Pour tous ceux qui se sont battus à leurs côtés. Les bénévoles qui ont quitté leur famille pour rejoindre les fronts. Les agriculteurs qui ont mis leurs tracteurs, leurs citernes, leurs terres au service de la lutte. Les habitants qui ont ouvert leurs portes, leurs bras, leurs réfrigérateurs. Ces hommes et ces femmes qui n'ont pas attendu qu'on leur demande, qui n'ont pas calculé, qui ont simplement fait. Et qui, trop souvent, ont subi en retour le manque de reconnaissance — voire le manque de respect — d'institutions qui n'ont pas toujours mesuré ce que leur engagement représentait.
C'est à toutes ces personnes que va en premier notre pensée, émue et sincère. Ce qui suit — les témoignages, les chiffres, les demandes — n'aurait aucun sens sans ce rappel : derrière chaque entreprise, chaque maison, chaque cabane, il y a des êtres humains. Et c'est pour eux, avant tout, que cette réunion a eu lieu.
C'est dans un contexte très particulier que Yann Crabé du magazine Vivre le Bassin a pris l'initiative de rassembler. Pas pour se plaindre. Pas pour accabler. Mais pour témoigner, chiffrer, proposer et peser collectivement face aux décideurs publics. Cette réunion, organisée en quelques heures à peine, témoigne de ce que le Bassin sait faire dans l'adversité : se rassembler, parler vrai et avancer ensemble. C'est une salle pleine, en plein après-midi de juillet, en pleine saison. Ce seul constat dit tout. Entrepreneurs, élus, institutionnels et citoyens se sont réunis pour faire face ensemble à une crise sans précédent. Les feux de forêt qui ravagent le Nord du Bassin d'Arcachon et ses environs ont des conséquences économiques dramatiques bien au-delà des zones sinistrées.
Un désastre économique en temps réel
Hôteliers, restaurateurs, commerçants, ostréiculteurs, professionnels du nautisme et du loisir — tous les secteurs sont touchés. Les chiffres donnent le vertige : 80 % de chute d'activité pour certains, des centaines d'annulations, des réservations qui s'arrêtent net. Airbnb encourage ses clients à annuler sans frais, les panneaux d'autoroute détournent les touristes, les médias nationaux diffusent en boucle des images de flammes. Le Sud Bassin, pourtant épargné par les feux, est frappé de plein fouet par les décisions qui ont suivi.
Les demandes concrètes
Face à l'urgence, les entrepreneurs ont formulé des demandes précises : activation du chômage partiel pour toutes les entreprises impactées, pression sur les compagnies d'assurance pour lever les barrières aux pertes d'exploitation, soutien en trésorerie, négociation sur les loyers et les charges fixes. Olivier Laban, président du Comité Régional de la Conchyliculture, chiffre à 18 millions d'euros les pertes des seules dégustations ostréicoles du Nord Bassin sur la saison estivale.
Malgré la gravité de la situation, le ton de cette réunion n'était pas à la résignation. « La forêt a brûlé, nous on n'a pas brûlé. Le bassin se relèvera » — c'est sur ces mots de Benjamin Rochette que l'on peut résumer l'état d'esprit qui régnait dans cette salle. Une solidarité rare, une détermination collective, et la conviction que c'est ensemble — entrepreneurs, élus, institutions et citoyens — que le Bassin d'Arcachon retrouvera son dynamisme.
Le numéro d'urgence économique est le 3006 — Chambre de Métiers et Chambre de Commerce, disponible pour toutes les entreprises impactées.
Retranscription des interventions par ordre de passage
Ouverture de la réunion
Yan Crabé — magazine vivre le bassin Organisateur
Yan Crabé ouvre la réunion en rappelant son objectif : permettre à chacun de s'exprimer avec respect et repartir avec des propositions concrètes. Il annonce que plusieurs chefs d'entreprise — une dizaine environ — vont prendre la parole, représentant l'hôtellerie, la restauration, l'immobilier, la grande distribution, le nautisme et les loisirs. À l'issue de ces témoignages, la parole sera donnée aux élus puis à la salle. Il conclut en souhaitant une réunion constructive, en regardant son polo : « J'aimerais que ça soit le bleu que l'on retrouve dans le ciel dès la fin de cette réunion. »
1. Secteur Hôtellerie
Gilles delepaux — Directeur de Talazur Arcachon
Représentant des hôteliers du Bassin d'Arcachon
Gilles de Leau prend la parole au nom de l'ensemble des hôteliers du Bassin, après concertation collective. Il rappelle l'impact immédiat des déclarations publiques invitant les touristes à ne pas venir sur le territoire. Les hôteliers ont joué le jeu en assouplissant leurs conditions d'annulation. Pour son établissement seul, les annulations s'élèvent à 377 nuités jusqu'au 31 juillet, et à 361 nuités supplémentaires pour le début du mois d'août. Le mois de septembre commence également à être affecté avec des questionnements de la part des clients séminaires.
Il emploie 150 collaborateurs, dont des saisonniers, et les marges de manœuvre sont épuisées. Il soulève la question de l'activité partielle pour motif d'intempérie. Contrairement aux établissements du Nord Bassin, les hôtels du Sud ne sont pas fermés, mais l'inquiétude est grande pour les semaines à venir et pour la saison hivernale, avec une trésorerie qui va se dégrader.
Il formule une demande claire : s'accorder sur un message positif collectif et déterminer ensemble le moment opportun pour redonner confiance aux touristes.
2. Secteur Restauration
Vincent Gerbeau — Associé du groupe CMCB, Directeur du Café de la Plage Arcachon
Représentant des restaurateurs
Vincent Gerbeau s'exprime avec le cœur, sans préparation. Son groupe compte 10 restaurants, 450 salariés en été, avec actuellement 5 restaurants fermés (3 à Cap-Ferret, 2 en zone évacuée) et 5 ouverts (4 à Arcachon, 1 à la Canon). La vraie question posée : vaut-il mieux fermer que rester ouvert avec des baisses de 80 % ?
Il aborde la question des assurances : AXA a supprimé la barrière contractuelle du kilomètre pour les pertes d'exploitation, il espère que les autres compagnies feront de même. Il interpelle directement les élus sur les taxes et l'occupation des sols, et demande une pression sur les compagnies d'assurance pour lever les barrières aux pertes d'exploitation, notamment la condition des 3 années d'antériorité. Il propose de fournir les relevés de TVA comparatifs comme preuves. Il alerte sur la déflagration économique à venir en janvier-février-mars, au moment du remboursement des PGE.
Igor Sonnier — Associé, Gamin des Sables, Bromances et Café des Baigneuses
Jeune restaurateur du Bassin d'Arcachon
Igor Sonnier se dit très préoccupé par l'hiver à venir. Tous ses hivers se passent au cordeau, et il craint de ne pas pouvoir absorber ce choc. Il salue l'intervention de Vincent Gerbeau dont il se rallie entièrement aux propos. Il refuse les solutions de report et de crédit : « Des crédits, j'en ai assez. » Il rappelle que ses établissements continuent de fonctionner, qu'ils sont encore livrés, et qu'il pense qu'il est possible d'accueillir encore des touristes.
3. Secteur Immobilier
Camille Guilloni — Associée, Agence Zingraf
Immobilier — associée à Cédric Guilloni
Camille Guilloni prend la parole avec émotion, en commençant par exprimer sa compassion pour les sinistrés du Nord Bassin. Elle souligne que l'immobilier, contrairement à d'autres secteurs, peut vivre toute l'année, mais que depuis samedi — le jour où les grandes chaînes nationales ont relayé l'événement — le secteur connaît un arrêt brutal et sec.
Les conséquences concrètes : offres d'achat retirées, projets de résidence secondaire abandonnés, voyageurs paniqués (dont une dame en crise d'angoisse ce matin même). Airbnb encourage les annulations sans frais, laissant les propriétaires sans compensation. Elle demande que les médias changent de fusil d'épaule et montrent que dans le Sud Bassin, « ça va plutôt bien ». Elle rappelle qu'en 2022, la presse « skill » a survécu, et espère qu'il en sera de même cette année.
4. Grande Distribution
Lucas Pinaud — Propriétaire de l'Intermarché La Teste de buch des Miquelot
Membre du conseil d'administration de la région Sud-Ouest Intermarché et Netto
Lucas Pinot, sinistré en 2022, témoigne en tant qu'opérateur de terrain et représentant régional. Sur sa région, 15 magasins sont actuellement fermés. Il a immédiatement bloqué toutes les échéances de base pour redonner de la trésorerie aux entreprises.
Il raconte comment, lors de l'arrêté préfectoral de 2022 interdisant la circulation des camions, il s'est retrouvé en rupture de stock dans un magasin ouvert face à une population déplacée, et a dû obtenir des dérogations avec l'aide de la gendarmerie. Il plaide pour que l'alimentaire soit intégré dans les plans de secours au même titre que les services essentiels.
Il recommande la création de groupes de travail collectifs : « Tout seul isolé, vous n'arriverez pas à échanger avec un banquier, avec un assureur. » Il remercie publiquement Stéphane (CCI de Bordeaux) qui lui avait permis en 2022 de sauver son entreprise. Il a mis en place au niveau régional des cellules psychologiques pour accompagner les entrepreneurs fragilisés.
5. Secteur Nautisme
Laurent Revolat — Dirigeant d'Atlantique Navy Marine
Président de l'Union des Professionnels du Nautisme du Bassin d'Arcachon
Laurent Revola exprime sa solidarité avec les confrères du Cap-Ferret contraints de fermer en pleine saison. Avant les feux, le port d'Arcachon enregistrait entre 800 et 1 000 passages de bateaux par jour. Depuis, ce chiffre est tombé à 120, soit une perte considérable liée en grande partie à une mauvaise communication sur les arrêtés de navigation.
Il alerte sur les conséquences à venir : si les bateaux sont sortis prématurément de l'eau, il n'y aura pas d'entretien hivernal, ce qui représente un frein économique majeur pour les entreprises de nautisme. Il conclut sur un appel à la solidarité collective : « Nous sommes tous dans le même bateau. »
6. Secteur Loisirs
Benjamin Rochette — Dirigeant de Battle Kart, Zone Industrielle de La Teste
Représentant des entreprises de loisir du Bassin d'Arcachon
Benjamin Rochette, préparé et déterminé, livre l'intervention la plus percutante de la réunion. Il commence par faire constater à la salle qu'une réunion en plein après-midi du 29 juillet en pleine saison est en soi la preuve du désastre. Il exprime une pensée pour les sinistrés et les pompiers, puis pose le diagnostic brutal : « Nous n'avons pas brûlé. Nos commerces sont ouverts. Mais notre saison est morte et notre avenir est incertain. »
Il identifie la cause principale non pas dans le feu lui-même, mais dans la somme des décisions publiques qui ont suivi : routes coupées, message de la préfète, panneaux d'autoroute, relais médiatique, annulations Airbnb, sinistrés relogés ailleurs. Les entreprises de loisir enregistrent plus de 50 % de chute d'activité. Pas de visiteur = zéro chiffre d'affaires, avec des charges qui continuent.
Il pose la question fondamentale aux élus : « À quoi ça sert de sauver les commerces aujourd'hui si c'est pour les regarder fermés en janvier ? » Il décrit l'effet domino en cas de défaillances : chômage, fournisseurs, artisans, comptables, hôtels, impôts locaux. Il appelle à ne pas attendre d'être sauvé mais à se battre collectivement, en fournissant des témoignages chiffrés accessibles via QR code. Il conclut sur un cri de ralliement : « La forêt a brûlé, nous on n'a pas brûlé. Le bassin se relèvera. »
7. Représentants Institutionnels
Stéphane Loniewski — Vice-Président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Bordeaux Gironde
Vice-Président des Entrepreneurs (ex-CPME Gironde)
Stéphane Loniewski dresse un premier bilan économique et présente les dispositifs en cours. Il remercie l'organisateur et les élus pour leur réactivité. Il annonce qu'une réunion interministérielle se tient tous les matins à 9h30 avec l'ensemble des fédérations, chambres et syndicats, permettant de faire remonter directement les demandes aux ministères.
Il rappelle que la demande de correction du message de la préfète a été faite dès 9h30 le matin concerné, avec un correctif dès le soir même. Sur les dispositifs : le chômage partiel est désormais accessible à toutes les entreprises démontrant une perte de chiffre d'affaires ou une impossibilité logistique, et non plus seulement à celles sous fermeture administrative. La demande va au-delà : chômage total pour ceux qui avaient prévu une saison magnifique et embauché en conséquence. Des soutiens en trésorerie et un fonds de solidarité sont également à l'étude. Il insiste sur le besoin d'éléments chiffrés pour peser auprès du gouvernement.
Hélène Crouail — Chargée de Développement Économique Bassin et Médoc
Chambre des Métiers et de l'Artisanat Nouvelle-Aquitaine Gironde
Hélène Crouail assure du soutien de la présidente de la Chambre de Métiers, absente mais représentée par deux élus locaux : Patrick Harrier (boucher-artisan à Gujan-Mestras) et Laurent Revola (chantier naval à La Teste, président du PNBA). Une plateforme d'appel commune Chambre de Métiers / Chambre de Commerce a été mise en place dès le jeudi matin : le numéro 3006, depuis lequel 500 entreprises ont déjà été rappelées. Elle invite tous les entrepreneurs à utiliser ce numéro ou le formulaire en ligne sur leurs sites respectifs pour faire remonter leurs besoins.
8. Ostréiculture
Olivier Laban — Président du Comité Régional de la Conchyliculture Arcachon-Aquitaine
Vice-Président délégué de la Caisse Régionale du Crédit Agricole
Olivier Laban dresse un bilan précis de l'ostréiculture : 113 entreprises ostréicoles fermées sur 300, dont 61 sur le Cap-Ferret, 15 sur Arès, 2 sur Andernos, 1 sur Audenge, et 7 sur Lanton. 63 dégustations sont fermées, alors qu'elles génèrent habituellement 28 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel et accueillent 1,4 million de visiteurs. Il estime à environ 18 millions d'euros les pertes des dégustations du Nord Bassin sur la seule période estivale.
Il alerte sur la double peine : une commission sanitaire va se réunir dès vendredi pour vérifier l'impact des fumées, cendres et produits retardants sur le milieu marin. En 2022 (7 000 hectares), les résultats avaient été acceptables après un an de suivi. Avec 42 000 à 50 000 hectares potentiels cette fois, la situation est inédite. La filière sort de plus à peine de la crise de décembre 2023 (8 millions d'euros de pertes toujours en attente d'aide de Bruxelles).
Il appelle à la mobilisation, à la fourniture de chiffres précis, et à une communication positive pour faire revenir les clients. Il annonce la mise en place, au sein du Crédit Agricole, de cellules de soutien pour les clients sinistrés et de contact direct avec les assureurs Pacifica sur les pertes d'exploitation.
9. Élus et Parlementaires
Thierry Gouaichault — Maire de La Teste-de-Buch
Président de la COBAS — Vice-Président du SIBA
Thierry Gouaichaultt rappelle d'abord la réalité du risque majeur qui a pesé sur le territoire : si le vent avait tourné, les conséquences auraient pu être catastrophiques. Les décisions prises ont été justifiées par la protection des biens et des personnes. Il annonce travailler à la réouverture des plages côté océan dans les conditions de sécurité requises, et à l'assouplissement des taxes sur l'occupation des sols. Il confirme que depuis trois jours, les maires du Bassin travaillent collectivement sur le volet économique. Il s'engage à tout faire pour booster l'image du Bassin d'Arcachon dès que la situation le permettra, avec le soutien de la promotion territoriale via le SIBA et les offices de tourisme.
Nathalie Delattre — Sénatrice de la Gironde
Nathalie Delattre insiste sur l'ampleur humaine de la crise (pompiers blessés, personnes fragiles évacuées dans des conditions difficiles) avant d'aborder l'économique. Elle a immédiatement alerté dès le message de la préfète et milite depuis pour une communication plus ciblée distinguant le Nord Bassin du Sud. Elle a demandé au ministre du tourisme la mise à disposition d'Atout France pour une campagne de communication nationale et internationale. Elle propose un plan de reconstruction en trois volets : territoire sinistré, territoire évacué, Gironde globale. Elle plaide pour des chefs de projet interministériels parisiens déployés sur place, considérant que 2022 était un avertissement et que 2026 est « un basculement hors norme ».
Sophie Panonacle — Députée de la Gironde
Sophie Panonacle apporte des informations concrètes et opérationnelles. Sur les transports : l'autoroute pourrait rouvrir en partie dans le weekend selon l'évolution de la situation, et une vérification des rails TER est prévue le lendemain matin pour une éventuelle reprise l'après-midi. Sur la navigation : elle rappelle les termes de l'arrêté préfectoral maritime du 24 juillet, distinguant les zones interdites des zones autorisées, et propose de le transmettre à ceux qui ne l'ont pas reçu.
Sur les aides économiques : la perte d'exploitation est actée pour les entreprises fermées ou évacuées. Elle milite pour que les entreprises avec « effets de bord » (ouvertes mais sans activité) puissent en bénéficier de manière systématique plutôt qu'au cas par cas. Elle a transmis aux ministres Escure et Papin des problématiques de terrain, et travaille à un fonds conchyliculture avec Olivier Laban. Elle conclut sur un coup de gueule : « J'en ai assez qu'on soit toujours dans la gestion de crise et jamais dans l'anticipation » et annonce écrire au Premier ministre pour un plan national de financement face au changement climatique.
Yves Foulon — Maire d'Arcachon
Yves Foulon exprime son désaccord avec la fermeture de l'autoroute et l'absence de trains entre Bordeaux et Arcachon, estimant que l'État aurait dû peser plus tôt sur la SNCF. Il formule un plan de relance en trois volets concrets : 1) Un plan massif et national porté par le SIBA dès que le mot « feu fixé » sera prononcé, associant État, Région, Département, COBAS, COBAN et chambres consulaires pour un financement suffisant permettant une campagne de communication nationale et européenne. 2) Chaque ville et office de tourisme devra amplifier ce plan avec des offres nouvelles, inventives et concrètes, adaptées à la situation. 3) La population locale des 150 000 habitants du Bassin doit être associée et mobilisée, via la création d'un événement fédérateur — sur le modèle de ce qui avait été fait lors de la marée noire de 2003 — qui incarne la relance et bénéficie d'un relais médiatique.
Xavier Paris — Maire de Gujan-Mestras
Xavier Paris rappelle que le tourisme est la première activité économique du territoire et que tous les élus du Bassin en sont conscients. Il invite à l'action collective et à l'unité : « Nous sommes tous sur le même bateau. » Il assure de la mobilisation de l'ensemble des maires, parlementaires et chambres consulaires pour accompagner les entreprises dans cette crise. Il souhaite bon courage à tous.
10. Questions et interventions de la salle
Intervenant — Restaurant Le Spectacle, Port de La Teste
Il soulève deux pistes d'action : 1) La mise en place de ruptures conventionnelles permettant aux salariés de bénéficier du chômage sans peser sur les entreprises. 2) La négociation avec les bailleurs sur les loyers, en rappelant que beaucoup ont déjà remboursé leurs prêts et pourraient consentir des réductions temporaires.
Jeune entrepreneur — Nouvelle entreprise créée en 2026
Sans historique de chiffre d'affaires pour comparer, il exprime sa colère face à l'inaction depuis 2022. Il ne comprend pas qu'avec l'expérience de 2022 et les coupe-feux mis en place en urgence, on se retrouve en 2026 avec 40 000 hectares brûlés. Il interpelle directement les institutionnels pour que des mesures de prévention durables soient enfin mises en œuvre.
Isabelle Jegou — Agent Safti Immobilier, Gujan-Mestras
Très émue, elle témoigne de la solidarité de son groupe (dons importants) et cherche une association locale pour l'aider à organiser des actions concrètes : accompagnement psychologique des familles évacuées, distribution de vêtements et d'aide matérielle. Elle lance un appel à la salle pour être mise en contact avec une structure associative pouvant l'accompagner dans la création d'un dossier auprès de Safti.
Joan — Représentant des 120 commerçants d'Andernos
Il formule deux demandes : 1) Une dérogation pour permettre des promotions exceptionnelles pendant août, compte tenu de l'impossibilité de terminer les soldes. 2) Une communication pilotée par les entrepreneurs eux-mêmes — restaurateurs, distributeurs, hôteliers — et non par les institutionnels, afin de donner des témoignages authentiques aux touristes pour les faire revenir.
Nathalie Candau — Indépendante
Elle signale l'existence d'une Cellule d'Urgence Médico-Psychologique (CUMP) dont les coordonnées sont disponibles sur le site de la DREETS Nouvelle-Aquitaine et sur son profil Facebook (Nathalie Candau Conseil) et LinkedIn. Elle précise qu'un numéro en 0800 est disponible pour les personnes ayant besoin d'un suivi psychologique.
Clôture de la réunion
Animateur — Mot de clôture
La réunion se clôture sur une citation attribuée à Mark Twain : « Il ne savait pas que c'était impossible. Alors il l'a fait. » L'animateur rappelle que les idées sont là, les volontés aussi, et que cette réunion doit marquer le début d'une mobilisation collective, non sa fin. Il remercie chacune et chacun pour leur présence et leur engagement, et invite à transformer les volontés en actions concrètes.