Les Scènes d’Olivier Marchal : « Je voudrais que ce festival grandisse encore »
Une rencontre de près de trois heures, entre confidences, cinéma et passion du théâtre
La rencontre avec Olivier Marchal s'est faite avec une spontanéité rare. Sans contrainte, il nous donne rendez-vous en fin d'après-midi le jour même dans un lieu chargé d'histoire du Bassin d'Arcachon, propice à l'échange et à la confidence. Trois heures d'entretien, intenses, denses, où les anecdotes se mêlent aux réflexions sur la vie, le cinéma et le théâtre.
Impossible, évidemment, de tout retranscrire. Mais une chose s'impose rapidement : Olivier Marchal ne raconte pas seulement des anecdotes, il les vit en les partageant. Derrière l'artiste, on découvre un homme entier, sincère, marqué par son parcours de policier et par ce qu'il a vu du monde. Un regard parfois rugueux, souvent lucide, toujours profondément humain.
Un festival né d'une idée simple et d'une amitié
Au cœur de l'entretien, il revient sur la naissance des Scènes d'Olivier Marchal à La Teste-de-Buch. « Cela faisait 25 ans que j'avais envie de créer quelque chose ici. J'en avais parlé à Arcachon à une époque, mais ça ne s'était jamais fait. Un soir, en discutant avec Patrick Davet, je lui ai dit : "J'aimerais monter quelque chose sur le Bassin." Tout est parti de là. » L'idée séduit immédiatement les acteurs locaux et le projet prend forme. Pour Olivier Marchal, cette aventure doit beaucoup aux rencontres. « Je lui dois beaucoup. Sans lui, ce festival n'existerait pas. » Très vite, une personne devient essentielle dans l'organisation : Marianne, sa collaboratrice artistique. « Moi, je suis tout le temps en tournage. Je ne pourrais pas gérer toute l'organisation. Elle s'occupe de tout le travail de fond, de la programmation, des contacts. Sans elle, ce serait impossible. »
Un succès installé dans le temps
Les quatre premières éditions ont rencontré un succès remarquable, avec des salles combles et un public fidèle. « Franchement, je ne m'attendais pas à ce que ça fonctionne aussi bien », confie Olivier Marchal. Pour autant, pas question pour lui de dupliquer le concept ailleurs. Son souhait est de continuer à faire grandir le festival sur le Bassin. « On m'a demandé pourquoi je ne le faisais pas dans d'autres villes. Mais moi, ce que je veux, c'est le développer ici. » Il réfléchit déjà aux prochaines étapes : davantage de spectacles, pourquoi pas deux rendez-vous par jour, du théâtre en plein air, une plus grande place accordée aux jeunes compagnies du Sud-Ouest et, à terme, l'idée d'un « Marchal Comedy Club ». « Pourquoi ne pas créer un espace pour les jeunes humoristes, comme Mathieu Madénian ou Gad Elmaleh ont pu le faire ailleurs ? »
Une continuité assumée sur le territoire
La poursuite du festival, dans un contexte de changement municipal, aurait pu être un point de fragilité. Il n'en est rien. La nouvelle équipe municipale a permis une continuité naturelle du projet, ce dont Olivier Marchal se réjouit. « Je suis très content que cela continue. Il y a une vraie écoute et une vraie ouverture. » Un attachement fort au territoire s'est construit au fil des années. « Je me sens un peu comme à la maison dans ce théâtre. L'équipe est au top. » Et une attention particulière revient souvent dans la conversation : l'humain. « Il y a des petites choses qui comptent… comme Nathalie, qui arrive toujours à me préparer une surprise pour mon anniversaire, en plein festival. »
Transmission, jeunesse et vision populaire
Au-delà des spectacles, Olivier Marchal souhaite ouvrir davantage les portes du monde artistique. « « J'aimerais faire venir des directeurs de casting, montrer comment se déroule une audition. Les gens adorent découvrir l'envers du décor. » Pour lui, il est important de montrer aux jeunes tout ce qu’implique ce métier. Trop souvent, certains ne voient que la notoriété alors qu’être comédien est avant tout un art qui demande du travail, de la rigueur et de l’investissement. Il aimerait également mettre en lumière tous les métiers qui gravitent autour d’un spectacle ou d’un tournage. Des collégiens assistent déjà aux pièces, rencontrent les artistes et écrivent leurs propres critiques. « C'est essentiel que les jeunes découvrent le théâtre et rencontrent les artistes. » Une manière de leur faire découvrir toutes les facettes de ces professions et, pourquoi pas, de faire naître quelques vocations.
Olivier Marchal revendique un théâtre accessible, loin de toute approche élitiste. « Je ne fais pas venir du théâtre intellectuel. Je respecte totalement, mais ce n'est pas ce que je cherche ici. Je veux que les gens ressortent heureux. Les gens ont besoin de rire. »
Avant de conclure, nous lui demandons à quoi ressembleraient les Scènes d'Olivier Marchal comparées à quelques spécialités du Sud-Ouest. Sans hésiter : une salade de gésiers en entrée, un canard à l'orange ou un steak au poivre avec pommes de terre sarladaises, un Saint-Honoré au Grand Marnier en dessert — et un Bourgogne pour accompagner le tout et oui plutôt qu’un vin de la région bordelaise.
« Ce que j'aime, c'est l'idée du partage. Se retrouver ensemble autour de quelque chose de simple et de généreux. »
